• Les Dentés (poissons Sparidés) des côtes tunisiennes : Étude éco-biologique et dynamique des populations.

      CHemmam, B. (2002)
      Le présent travail sur les Dentés des côtes tunisiennes comporte trois parties principales. La première partie a été consacrée à la présentation des milieux prospectés et des trois espèces de Dentés étudiées. En effet, l’analyse des différents milieux prospectés montre deux facteurs principaux caractérisant les côtes de la Tunisie: la variabilité des fonds rocheux et sableux et les courants qui entraînent le mélange de l’eau de l’Atlantique et de la Méditerranée caractérisant les côtes tunisiennes. Ceci pourrait expliquer la richesse en faune benthique de cette région méditerranéenne. De plus ces fonds variables constituent l’habitat préféré pour les Sparidés. En effet, parmi les 22 espèces méditerranéennes 19 espèces sont mentionnées sur les côtes tunisiennes. L’analyse des caractères morphologiques et numériques des Dentés des côtes tunisiennes nous a permis de mieux situer ces espèces dans la famille des Sparidés et dans le genre Dentex. Les différences notées de ces espèces nous ont permis de confirmer la clef dichotomique présentée par certains auteurs. Ainsi le genre Dentex est représenté en Tunisie par les trois espèces Dentex dentex, Dentex maroccanus et Dentex gibbosus. Les deux premières espèces sont assez abondantes, la troisième est relativement rare. Ces trois espèces sont connues par les pêcheurs tunisiens respectivement sous le nom de « Dendiq ou Katous », « mourjan bou ras ou bou ain »et « Jaghali ou Bichi Bandira ». Comme la majorité de sparidés, les Dentés sont des espèces à large répartition géographique. Leur répartition bathymétrique nous laisse conclure qu’il s’agit de poissons démersaux qui vivent sur les fonds durs (roches ou conglomérats) et que les adultes de Dentex dentex et Dentex gibbosus sont solitaires et vivent sur des profondeurs allant jusqu’à –150m, alors que les jeunes sont grégaires et vivent près du littoral (-8 à -20 m). Les jeunes et les adultes de Dentex maroccanus vivent au large (-90 à -110 m) et vont jusqu’à -200m. La deuxième partie a été consacrée à l’étude biologique à savoir la reproduction, le régime alimentaire et la croissance de ces poissons. L’étude de la stratégie de reproduction a montré que la période de ponte se déroule d’avril à juin chez Dentex dentex. Elle est plus tardive chez Dentex gibbosus et elle s’effectue de juin à juillet. Elle est encore plus tardive chez Dentex maroccanus, elle s’étale de juin jusqu’à septembre. La ponte est fractionnée chez ces trois espèces. Chez les trois espèces de Dentés des côtes tunisiennes, les réserves vitellines sont emmagasinées au niveau du foie. Ceci permet de considérer ces espèces comme des poissons maigres. L’analyse des variations saisonnières de la sex-ratio des trois espèces montre en général une dominance apparente des femelles par rapport aux mâles ; celle ci s’inverse en faveur des mâles pendant la période de frai et pour les grandes classes de taille. RESUME 306 La taille de la première maturité sexuelle pour Dentex gibbosus est de 29,27 cm de longueur totale, celle de Dentex dentex est plus petite, elle est atteinte à 22,95 cm. Par contre celle de Dentex maroccanus est encore plus faible elle est estimée à une longueur totale de 15 cm. Les trois espèces de Dentés se reproduisent à partir de leur deuxième année d’âge. Il est à signaler que l’espèce Dentex dentex est caractérisée par un hermaphrodisme rudimentaire non fonctionnel. La fécondité absolue moyenne de Dentex dentex est égale à 164195 oeufs par femelle. La fécondité relative est estimée à 217 oeufs par gramme de poisson. La coloration jaune de l’opercule des mâles chez Dentex dentex, la présence d’une gibbosité sur le front des mâles chez Dentex gibbosus et le changement de la coloration du plus clair au plus vif pendant la période de la reproduction chez les mâles de Dentex maroccanus, illustrent un dimorphisme sexuel chez les trois espèces de Dentés. Ces changements sont liés exclusivement à la maturité sexuelle. L’analyse du régime alimentaire montre que Dentex dentex et Dentex gibbosus sont carnivores et plutôt ichtyophages, qui se nourrissent préférentiellement de poissons et consomment secondairement des crustacés à défaut de poissons. En revanche, Dentex maroccanus est un carnivore qui préfère plutôt les crustacés anomoures et les gastéropodes qui constituent ses proies secondaires; alors que les poissons sont consommés de façon accidentelle par cette espèce. Chez Dentex maroccanus, le coefficient de vacuité moyen a une valeur plus faible que celui des deux autres espèces de Denté. Ceci reflète une activité alimentaire accentuée de Dentex maroccanus. Les Dentés s’alimente davantage en dehors de la période de frai et ils réduisent au maximum leur alimentation et peuvent même jeûner pendant la période de ponte. Par ailleurs, une étude approfondie de la croissance des Dentés a mis en évidence un taux de croissance élevé chez les jeunes individus, ce taux est plus faible chez les adultes. D’autre part aucune différence de croissance significative n’a été remarquée au sein de l’espèce. Cependant, pour les individus de grande taille, les femelles présentent des tailles maximales relativement supérieures à celles des mâles. Cette étude nous a permis de dégager une différence du taux de croissance entre ces trois espèces, avec une croissance plus rapide chez Dentex gibbosus suivie par Dentex dentex ; celle de Dentex maroccanus est la plus lente. La taille théorique maximale de Dentex gibbosus est la plus élevée, elle a été estimée à 103,5cm et elle correspond à une masse de 15 kg environ. Cette taille est la plus élevée dans la famille des sparidés; elle dépasse celle de Dentex dentex (97 cm et 12 kg) et encore plus celle de Dentex maroccanus (33,5 cm et 600g). D’autre part, statistiquement aucune différence de croissance significative n’a été remarquée au sein d’une même espèce. Cependant, les femelles présentent des tailles et des masses maximales relativement supérieures à celles des mâles pour les trois espèces. Les relations taille-masse, montrent une allométrie majorante aussi bien chez les femelles des trois espèces que chez les mâles de D. dentex et D. maroccanus ainsi que chez les sexes réunis de D. maroccanus et la région sud pour D. dentex. Cette allométrie est isométrique pour les sexes réunis de D. dentex et D. gibbosus ainsi que pour D. dentex dans les régions Nord et Est et pour D. maroccanus dans les trois régions. Concernant la croissance pondérale, les mâles de Dentex dentex paraissent plus pesants que les femelles, alors que pour Dentex gibbosus et Dentex maroccanus les femelles présentent une croissance pondérale supérieure à celle des mâles. RESUME 307 Pour les trois espèces de Denté étudiées, la longévité des femelles est supérieure à celle des mâles. D’autre part l’espèce Dentex dentex a une longévité (39,15 ans) un peu plus élevée que celle de Dentex gibbosus (33,45 ans) mais très élevée par rapport à Dentex maroccanus (14,25 ans). La troisième partie a été réservée à l’étude de la dynamique des populations et à l’état d’exploitation des stocks des trois espèces de Dentés. Le Denté commun Dentex dentex constitue une espèce plus au moins fréquente dans les captures et elle est la seule mentionnée dans les statistiques des pêches, puisque les deux autres sont souvent confondues avec d’autres espèces de Sparidés. En effet Dentex maroccanus est confondu avec le Pageot commun qui lui ressemble de point de vue forme et couleur du corps et Dentex gibbosus avec le Pagre pour les mêmes raisons. Les Dentés sont pêchés par différentes techniques. Ainsi, Dentex dentex et Dentex gibbosus sont capturés essentiellement par les engins côtiers et surtout à la palangre. En revanche, Dentex maroccanus est un poisson hauturier capturé surtout par le chalut. Les Dentés contribuent, par une quantité non négligeable (0,75 %) de la production halieutique nationale des pêcheries tunisiennes (92925 tonnes) soit 1,28% de celle des poissons (53048 tonnes). Enfin, les innovations proposées dans ce travail reposent sur l’évaluation du stock de ces espèces par la méthode analytique. L’analyse de pseudo-cohortes de Dentex dentex et Dentex gibbosus dans la région Nord, montre que le stock est sous-exploité, par contre, pour Dentex maroccanus, le stock est en début de surexploitation. Dans la région Est, le stock est légèrement surexploité pour Dentex dentex et fortement surexploité pour Dentex maroccanus. Dans le sud de la Tunisie, le stock est fortement surexploité pour les deux espèces Dentex dentex et Dentex maroccanus.
    • Etude de la variabilité génétique des tortues marines Caretta caretta et des tortues dulçaquicoles Mauremys leprosa dans les eaux Tunisiennes.

      Chaieb, Olfa (Université du Centre. Institut Supérieur de Biotechnologie de Monastir, 2003)
      La variabilité génétique des tortues marines de l’espèce Caretta caretta ainsi que des tortues d’eau douce de l’espèce Mauremys leprosa dans les eaux tunisiennes, a été appréhendée par une approche allozymique. Douze systèmes enzymatiques codés par 17 loci chez Caretta caretta et 15 loci chez Mauremys leprosa ont été analysés. Chez Caretta caretta, sept loci se sont révélés polymorphes : Es-3, Got-1, G6pd-1, Idh-1, Mdh-1, Pgd-1 et Sdh-1. Chez Mauremys leprosa, huit loci se sont révélés polymorphes : Es-3, Got-1, Gpi-1, G6pd-1, Idh-1, Mdh-1, Pgd-1 et Sod-1. Ce travail a montré chez Caretta caretta, une variabilité génétique relativement élevée en comparaison avec d’autres études, ceci reflèterait la taille efficace de la population méditerranéenne de la caouanne. De plus, une identité génétique quasi-totale a été enregistrée entre les populations de nouveau-nés pondus au cours de la même saison. Ceci témoigne fort probablement du retour de la même femelle nidifiante au cours de la même saison de ponte. L’examen des génotypes à l’intérieur de chaque ponte montre une déviation significative des fréquences génotypiques observées par rapport aux proportions mendéliennes, ce qui confirme la paternité multiple (au minimum 2 mâles par nid) dans les quatre pontes. Chez Mauremys leprosa, une variabilité génétique assez élevée a été enregistrée au cours de ce travail. Ceci témoignerait de l’importance de la taille des populations des tortues d’eau douce de l’espèce Mauremys leprosa en Tunisie. D’autre part, des différences peu significatives entre les six populations ont été remarquées, ce qui suggère que ces populations appartiennent à la même espèce d’eau douce. Enfin, cette étude nous a permis de conclure à une structuration géographique de la variabilité génétique chez les populations de Mauremys leprosa. En effet, la population de oued Abid, relativement, la plus éloignée génétiquement du reste des populations, provient d’un petit oued isolé des autres. Quant aux populations du Sud ainsi que celles du Centre, la faible divergence génétique entre les populations de la même région pourrait s’expliquer par un flux génétique continu facilité par des déplacements aquatiques et/ou terrestres des tortues. Il est intéressant de continuer cette étude par l’analyse d’autres populations tunisiennes en comparaison avec des populations d’autres pays. Dans cette optique, un nombre plus élevé de systèmes enzymatiques ainsi que d’autres marqueurs génétiques seront étudiés.
    • Evaluation de la biomasse piscicole dans les plans d'eau douce tunisiens : approches analytique et acoustique.

      Djemali, I. (Institut National Agronomique de Tunisie/Institut National des Sciences et Technologies de la Mer, 2005)
      La pêche dans les eaux douces est une activité relativement récente en Tunisie. Elle n’a connu un essor important que dans les années 90 à la suite du projet de coopération Tuniso-allemand de la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ). Les retenues de barrages tunisiens constituent des macrocosmes dont l’équilibre halieutique peut être perturbé par l’introduction de nouvelles espèces ou par l’activité anthropique notamment la pêche. L’objectif de ce travail est de quantifier les biomasses spécifiques exploitées dans les plans d’eaux douces tunisiens afin de donner leurs états d’exploitation. Pour ce faire, deux méthodes ont été utilisées : la modélisation analytique et l’hydro¬acoustique. La modélisation analytique et plus particulièrement l’Analyse Virtuelle des Populations (VPA), est un procédé qui est couramment utilisé dans l’analyse des stocks de poissons exploités en mer mais qui a comme inconvénient, de nécessiter, un nombre considérable de paramètres de production et de croissance. Les résultats obtenus ont, cependant, l’avantage d’être très puissants et permettent de donner des recommandations afin d’exploiter de façon optimale la ressource halieutique. L’évaluation de stock dans les plans d’eaux douces en Tunisie par écho¬prospection constitue une première. La retenue du barrage de Sidi-Salem a été choisie comme site pilote afin de mettre au point la méthodologie. L’étude du comportement piscicole dans la retenue a permis de favoriser le comptage de cibles individuelles à l’écho intégration. La biomasse exploitable de deux poissons, le rotengle Scardinius erythrophtalmus et le gardon Rutilus rubilio a été déterminée. Celle du rotengle Scardinius erythrophtalmus dans la retenue de Sidi-Salem a été estimée à 112,4 T. Ce stock est légèrement sur-exploité. Il ne faudrait utiliser que 75 % de l’effort de pêche actuel afin d’atteindre le rendement par recrue optimal évalué à 59,5 g. Ces résultats ont été obtenus en supposant que la mortalité naturelle soit constante quelque soit l’âge du poisson. La biomasse exploitable du gardon Rutilus rubilio dans la retenue de Sidi-Salem a été estimée à 47,7 T. Ce stock est exploité de façon optimale (Y/R = 63,5 g). L’écho prospection a permis d’évaluer la biomasse instantanée toutes espèces confondues dans la retenue du barrage de Sidi-Salem à 192,4 T, soit des biomasses respectives pour le sandre, le mulet, le silure, la carpe, le gardon et le rotengle de 75 T, 7,7 T, 1,9 T, 3,9 T, 11,5 T et 92,3 T. Dans la retenue du barrage de Bir-Mcherga, la biomasse totale a été évaluée a 310,7 T, alors que la biomasse spécifique de la carpe, du mulet, du barbeau et de la phoxinelle a été estimée respectivement à 189,5 T, 68,4 T, 49,7 et 3,1 T. En prenant comme référence le résultat d’évaluation du stock exploitable du gardon et du rotengle cumulé, l’hydro-acoustique a tendance à sous-évaluer cette biomasse.
    • Cartographie et analyse des variations spatio-temporelles du phytoplancton du golfe de Gabes au cours des dix ans de surveillance.

      Feki, Wafa (Faculté des Sciences, Sfax (Tunisie), 2006)
      Monitoring of toxic phytoplankton in gulf of Gabes is lunched since 10 years ago and has generated a considerable bank of data. That permit to us to understand many interactions between species in this community but we hope to be able to construct of the model of management of shellfish exploitation. To succeed to this goal, these data had to be treated, analyze bio statistically and must be showed in simple and questionable configuration which we have defined in present work. Data base lodged in Web site has been rectified, arranged and then exported towards Accesses. That extrapolation permits us to carry out the statistical analyses (ACP, AFC, and ANOVA) and to formulate the correlations between the different parameters selected. For the cartography we had recourse to ARC GIS and ARC VIEW to obtain the demonstratives form of the fluctuations of some species. In Gabes gulf, 5 regions could be individualised but a great number of production area are regrouped in a same pole, denoting of low ecological variability between different coasts. Phytoplankton in gulf seems be also conditioned by climatic periods.
    • Contribution à l’étude de l’abondance et la distribution spatiale de certaines espèces de bivalves dans la zone estran de la lagune de Bougrara

      Derbali, Abdelkarim (Université de Sfax , Faculté des Sciences de Sfax, 2006)
      Le cardium Cerastoderma glaucum, la fausse clovisse Venerupsis aurea et Loripes lacteus sont des mollusques bivalves très abondants dans toute la zone littorale de la lagune de Bougrara. En vue de valoriser leur exploitation, l’évaluation de la biomasse, la détermination des structures démographiques globales de ces espèces ainsi que la cartographie de leurs abondances ont été entreprises. La méthode générale de l’évaluation des stocks des espèces de coquillage rencontrées dans la lagune se base sur la méthode directe de l’aire balayée. Le principe général de cette méthode repose sur la réalisation, dans un site donné, d’une série d’opérations de prospection et de prélèvement d’échantillons par quadra. D’une manière générale, pour aborder ce type d’opération d’estimation directe, le protocole d’échantillonnage selon des radiales perpendiculaires à la côte reste l’approche la plus appropriée. Pour cette étude, nous avons pu récupérer 254 échantillons provenant de 127 stations reparties selon 34 radiales. Les résultats obtenus montrent que les densités de ces espèces sont très fluctuantes au plan spatial et que la Bhira apparaît comme un milieu de haute productivité biologique des mollusques bivalves. Cette forte production pourrait être attribuée aux conditions environnementales favorables à l’installation de ces espèces, particulièrement, la nature du fond, la présence ou l’absence de phénomènes de marée, la disponibilité de la nourriture ainsi que le mode de vie de chacune de ces espèces. Le cardium Cerastoderma glaucum, espèce eurytherme et euryhaline, colonise la partie nord et nord-est de la lagune avec toutefois des fortes concentrations à proximité de Ras Tarbella et à Guellala. L’abondance totale de cette espèce est estimée à plus de 49 millions individus, alors que la biomasse totale est d’environ 67 tonnes. Par ailleurs, la distribution de l’espèce selon la taille diffère d’une région à l’autre alors que le noyau du stock est principalement constitué d’individus dont la taille varie généralement entre 11 et 16 mm. La fausse palourde Venerupsis aurea, connue par ses exigences bathymétriques plus strictes, est répartie globalement dans tout l’estran de la lagune avec toutefois une forte concentration dans les régions du Nord-Ouest à Sidi Afganisi, à l’Est à Ras Tarbella, au Sud- Est de la lagune à Karboub et au Sud-Ouest à Bougrara. Une biomasse totale de cette espèce a été estimée à 64 tonnes, avec un nombre d’individus qui dépasse 116 millions. En revanche, les tailles de cette espèce se situent généralement entre 4 et 30 mm, avec un noyau constitué de spécimens dont la taille varie entre 10 et 19 mm. Loripes lacteus a une large répartition spatiale dans la zone estran de la lagune avec une biomasse totale de l’ordre de 76 tonnes. Cette répartition est due à la moins exigence de cette espèce aux conditions environnementales du milieu. Son abondance totale est estimée à plus de 185 millions individus. Il est à noter que les tailles de cette espèce ne dépassent guère 20 mm avec un noyau de stock constitué d’individus dont la taille oscille entre 8 et 14 mm.
    • Morphodynamique d’une plage sableuse microtidale à barres : côte nord de Mahdia (Tunisie orientale)

      Amrouni, Oula (2008)
      Les plages de la côte nord de Mahdia sont structurées par deux types de barres sableuses : festonnée aux extrémités nord et sud du prisme sableux de la baie, et rectiligne vers le centre. Cette thèse a pour objectif de décrire la morphologie de ces formes sédimentaires modelées par les processus hydrodynamiques. La forme tridimensionnelle des barres sous-marines a pu être décrite à partir des mesures bathymétriques. L’application d’un modèle numérique de propagation des houles (SMC) montre la résultante du couplage entre l’hydrodynamique littorale en présence de vagues déferlantes et la dynamique sédimentaire des courants de fonds afin d’analyser la morphodynamique des bancs de sable. Le suivi spatio-temporel de l’évolution morphologique de la plage émergée a permis de mieux comprendre la dynamique sédimentaire de ses différentes parties: dune-haut de plage. Des mouvements d’érosion /accumulation ont été quantifiés par des mesures topographiques et un schéma cinématique de la circulation des flux éoliens a été établis pour les deux sites ateliers de Neirat et El Asfouria.
    • Influence des facteurs alimentaires et nutritionnels sur la mise en place des structures digestives et l'expression protéique durant l'ontogenèse larvaire du sandre Sander lucioperca (Percidae; Linné, 1758).

      Hamza, Neila (Université de Namur, Belgique, 2008)
      Le sandre est une espèce très intéressante du point de vue de l’aquaculture, de par sa forte croissance, la qualité de sa chair et sa valeur commerciale. Cette espèce a ainsi été introduite dans plusieurs pays en Europe et en Afrique du Nord, notamment en Tunisie dans un but de repeuplement des retenues de barrage et lacs collinaires. Pour assurer une production intensive d’alevins, il est indispensable d’optimiser les aspects alimentaires et nutritionnels, méconnus pour les larves de cette espèce. Notre étude s’est basée sur ces critères et leurs effets sur les possibilités de sevrage des larves de sandre, et l’effet de certains nutriments, tels que les phospholipides, sur leur développement et le métabolisme. Les approches zootechnique, histologique et enzymatique ont révélé que le sevrage des larves de sandre est possible dès que la larve atteint un poids de 3 mg, et même plus tôt si l’aliment est adéquat. Les structures digestives sont fonctionnelles (sauf l’estomac) et les activités enzymatiques (pancréatiques et intestinales) sont présentes avant l’ouverture de la bouche et modulées en fonction de l’aliment. Les capacités digestives ne semblent pas être un facteur limitant pour la digestion d’un aliment artificiel. Les larves ont besoin d’un taux élevé de phospholipides dans l’aliment (au moins 9,5%) pour leur développement (croissance et maturation des entérocytes) Il apparaît qu’elles ont la capacité d’élonguer et désaturer les acides gras en C18 (linoléique et linolénique) et qu’un taux de 1,25% (M.S.) de 20:5n-3+22:6n-3 dans l’aliment est suffisant pour assurer une bonne croissance. L’approche protéomique a permis de mettre en évidence des changements significatifs au niveau du profil d’expression protéique du foie des larves de sandre. La technique du 2DDIGE (Differential Ingel Electrophoresis) a permis de révéler cinquante six protéines dont l’expression est significativement altérée sous l’effet du taux de PL. Parmi elles, 23 protéines ont été extraites du gel, dont 12 ont été identifiées par spectrométrie de masse. Il apparaît que le taux le plus élévé de phospholipides dans l’aliment induit la sousexpression des enzymes de la glycolyse (aldolase B) et la sur-expression de celles de la néoglucogenèse (pyruvate carboxylase et propionyl CoA carboxylase) dans le foie des larves de sandre. Ceci pourrait être expliqué par le fait que les larves à plus forte croissance investissent plus d’énergie dans la synthèse protéique que dans le métabolisme. Le métabolisme de la méthionine (methionine adenosyl transferase et sarcosine dehydrogenase) est également activé dans les larves PL9 du fait d’un anabolisme et catabolisme plus élevé de cet acide aminé. La glutahione S transferase, dont l’expression est significativement sur-exprimée dans les larves PL1, jouerait, dans ce cas, son rôle dans la synthèse des prostaglandines plutôt que son rôle antioxydant. La sur-expression de l’HSP9 (heat shock protein) dans les plus petites larves (PL1) pourrait également être induite par les prostaglandines. Enfin, le plus fort taux de PL induit également la surexpresion de la vinculin, enzyme de structure permettant l’adhésion cellulaire. Cette étude pluridisciplinaire a permis d’aborder l’influence des facteurs alimentaires et nutritionnels à différents niveaux de l’ontogenèse larvaire: de la mise en place des structures et des activités digestives ainsi que sur divers processus cellulaires. Ce travail contribue au développement de l’élevage du sandre et permet d’établir des stratégies alimentaires en se basant sur des critères ontogénétiques et physiologiques.
    • Identification et caractérisation des polymères extracellulaires de la cyanobactérie Arthrospira platensis Compère (1968).

      Trabelsi, Lamia (Institut Supérieur de biotechnologie de Monastir, 2009)
      Dans le cadre de ce travail, trois parties sont abordées: La première partie concerne la mise en évidence et la quantification de certaines activités biologiques des métabolites extracellulaires de la cyanobactérie Arthrospira platensis. Nous testons leur effet cytotoxique sur des cellules Caco 2 et Véro, leur pouvoir antibactérien sur trois bactéries Gram positives et trois bactéries Gram négatives et leur pouvoir stimulateur de la division cellulaire sur des cellules algales. Nous évaluons dans un second temps la variation de ces trois activités biologiques en fonction de l’âge de la culture de la cyanobactérie Arthrospira platensis. La deuxième partie de ce travail s’intéresse à l’effet combiné de la température et de l’intensité lumineuse sur la croissance d’Arthrospira platensis et ainsi que sur la production des substances polymériques extracellulaires (EPS). Cette étude est effectuée moyennant la technique des plans d’expériences. Nous avons optimisé les conditions de production des EPS. La troisième partie de ce travail, concerne la caractérisation partielle des polymères extracellulaires moyennant des dosages colorimétriques, des analyses spectrophotométriques, (spectre UV-visible et infrarouge) et des analyses chromatographiques (CPG).
    • Analyse et modélisation des paramètres d’exploitation des stocks du Bivalve Ruditapes decussatus des côtes Tunisiennes.

      Zamouri-Langar, Nedra (Institut National Agronomique, Tunis (Tunisie)., 2010)
      La palourde Ruditapes decussatus (Linnaeus, 1758) est la seule espèce de bivalve exploitée en milieu naturel sur les côtes tunisiennes. Au cours de ces dernières années, l’exploitation artisanale de cette espèce a connu des fluctuations et depuis l’année 1996 sa production a beaucoup baissé. Comme on ne dispose pas jusqu’à ce travail que peu d'éléments pour l'analyse des pêcheries de palourdes en Tunisie, cette étude a donc pour objectif de pallier à cette lacune et de proposer quelques mesures d'aménagement souhaitables pour tendre vers une exploitation cohérente des stocks en cette espèce. Le recours à la science de la dynamique des populations exploitées a été adopté. Cette science exige certains paramètres biologiques, ainsi des études de la reproduction, de la taille de première maturité sexuelle, de la morphométrie et de la croissance de la palourde ont été entreprises. Le cycle sexuel de R. decussatus et les modalités de ponte ont été définis dans trois zones d’étude, le canal de Tunis, la lagune nord de Tunis et Zaraat. Dans l’étude des caractéristiques morphologiques, nous avons d’abord déterminé les relations de croissance pondérale puis linéaire de la palourde dans ces trois zones. Nous avons rassemblé les mesures faits à différentes périodes de l’année et les sexes ont été distingués et comparés, puis regroupés. Ensuite, moyennant des analyses univariées et multivariées, on a comparé les paramètres biométriques de la palourde vivant dans différentes régions du littoral tunisien. Cette croissance relative chez les palourdes des côtes tunisiennes est variable d’une part, suivant les relations et les indices considérés et d’autre part suivant les régions examinées. La croissance en âge a été étudiée au moyen de la lecture des stries des coquilles provenant de la région de Tunis. Cette étude a permis de donner des informations précieuses sur la croissance en âge de la palourde à Tunis et sur les paramètres du modèle de Von Bertalanffy. L’étude des stocks de palourde des côtes tunisiennes a été abordée par l’utilisation de deux méthodes, il s’agit des modèles globaux (Schaefer et de Fox) et l’«évaluation directe ». La confrontation des résultats de ces deux méthodes a montré que ces deux dernières se complètent dans la région du golfe de Gabès et elles sont très différentes dans la région de Tunis. Dans tous les cas, le regard de ce premier diagnostic des pêcheries de palourdes en Tunisie, nous a incités à recommander de ne pas s’éloigner d’une production de 700 tonnes par an, pour que le stock en cette espèce ne soit pas détruit.
    • Contribution a l’étude écobiologique et biochimique du crabe "Carcinus aestuarii " dans la région nord de Sfax

      Baklouti Zouari, S (Universite de Sfax, Faculte des Sciences Sfax, 2010)
      The main objective of this work is to study some biological aspects of Carcinus aestuarii Northern Sfax (biometry, reproduction, diet), and biochemical contents (water, protein, minerals, and fat). Analysis of metric characteristics of Carcinus aestuarii allowed us to determine the nature of the allometry between the width and différent parts of the body of the crab. For reproduction study, analysis of monthly changes in the gonadosomatic index (GSI) shows that the spawning period of Carcinus aestuarii North Sfax occurs from October to January. The analysis of monthly variations of the hepatosomatic index (HSI), shows that this species used the hepatic reserved to the maturity of gonads. The analysis of monthly variations of the sex-ratio shows that the females were predominant. Indeed, the sex-ratio is 62.97 for females. The size at which 50% of the population reached maturity was 34.56 and 43.93 mm CW for females and males, respectively. In this study, biochemical analysis in Carcinus aestuarii North Sfax shows a high water content and low fat content. Indeed, the water content is 72.28% was determined by the deshydratation of fresh sample in an oven at 105 ° c for 24 hours. The protein content, determined by the method of Kjeldalh , was 11.88%.The mineral content is 12.45% was determined by the method of calcination of the sample. The fat content is of 1.64%, was determined by the technique of Soxhlet Direct
    • Biologie, abondance et cartographie de deux espèces de bivalves : l’huitre perlière <Pinctada radiata> et la coque glauque <Cerastoderma glaucum> dans le golfe de Gabes

      Derbali, Abdelkarim (2011)
      The pearl oyster Pinctada radiata and the cockle Cerastoderma glaucum are among the most abundant bivalve molluscs in southern Tunisian waters. These species are not currently subject to any investigation despite their important economic value in the world. For this reason, their biological parameters, their spatial distribution and their stock assessment were undertaken in the Gulf of Gabes. The reproductive cycle was studied in relation to variations of the environment parameters. The specimens were collected monthly during one year (2007) in sites of El Kraten and El Jorf (Kerkennah Islands) for the first species and sites of Sidi Mansour and El Hicha (North of Sfax and Gabes) for the second. An intraspecific polymorphism biometric trait for P. radiata and C. glaucum was performed using statistical comparison methods and multivariate analysis methods. Results of analyzes showed heterogeneity between populations. For Pinctada radiata, the sex ratio unbalanced, although males dominated among smaller individuals and females were predominant in larger size-classes. Evidence of protrandric hermaphroditism was observed with males maturing earlier than females. Seasonal changes in macroand microscopic properties of the gonads of both sexes showed that this species displayed a clearly defined annual reproductive cycle with a major peak in summer and a minor peak in autumn. The onset of reproduction appears to be triggered by the rising seawater temperature during spring and summer. P. radiata exhibited a short resting phase that occurred simultaneously in both sexes from the end of December until early February. For Cerastoderma glaucum, the overall samples presented a balanced sex ratio, with males dominating among smaller individuals and females predominating in larger size classes. The seasonal changes assessed through macro- and microscopic properties in the gonads of both sexes indicated a clearly defined annual reproductive cycle. Reproductive activity of C. glaucum was greatest from spring to late autumn, with two reproductive peaks (May and November). Gametogenic activity in both sexes was apparently triggered by the rising seawater temperature during spring and summer. These results support previous findings of latitudinal changes in the reproductive behaviour of C. glaucum. Due to the extensive period of gonadal activity, C. glaucum exhibited a short resting phase that occurred simultaneously in both sexes throughout January and February. In terms of stock assessment and spatial distribution of P. radiata, results showed a scattered distribution pattern of the species according to location and depth ranging between 0 and 145 ind.m-². P. radiata was encountered from the intertidal zone to 40 m depth, with a highest population densities recorded at depth range of 2-20 m. The total stock was estimated to be 27584.9 ± 11504.5 million individuals. Oyster distribution seems influenced by the substrate type. This high population of pearl oysters was associated with large cover of seagrass Posidonia oceanica which provides an excellent substratum for attachment. The littoral zone seems not to be the preferred habitat for the proliferation of this immigrant species. Oysters’ size increased steadily with depth, ranging from a mean of 37.98 ± 0.40 mm SH at 0-1 m to 60.98 ± 0.68 mm SH at 20-100 m depth range. Size structure analysis showed that deep water population was dominated by large individuals reaching 96 mm SH. In terms of geographical occupation and stock assessment of C. glaucum, results showed a scattered distribution pattern of the species according to location. The consequence was a remarkable biomass which represented 4736 tons of total fresh weight and high abundance levels reaching over 1982 million individuals estimated in the area of 20122 hectares. In conclusion, this study is the first report of an extraordinary abundance of Pinctada radiata and Cerastoderma glaucum in southern Tunisian waters. It gives more information about their stocks in the colonization area. The data may help to determine future quantitative changes indicating trends in the study area that are exposed to various factors of environmental conditions and human activities.
    • Etude des mécanismes de contamination des mollusques bivalves par des neurotoxines à action rapide (FAT) et développement de procédés de détoxification.

      Medhioub, Walid (2011)
      Cette étude à pour objectif de maîtriser les conditions de culture et de production toxinique chez Karenia selliformis et Alexandrium ostenfeldii dans le but de réaliser des contaminations expérimentales indépendamment du caractère aléatoire des proliférations toxiques en zones côtières. Ce travail vise également à étudier l‘impact de l‘alimentation sur la détoxification artificielle de la pa lourde Ruditapes decussatus contaminée par des gymnodimines et de l‘huître Crassostrea gigas contaminées par des spirolides et enfin d‘étudier l‘impact physiologique de ces micro-algues toxiques au niveau des organes accumulateurs des coquillages. Dans un premier temps, il a été mis en évidence que les performances de croissance de K. selliformis (taux de croissance et concentration maximale) sont obtenues à une température de 22°C pour une salinité de 36 psu en utilisant le milieu f/2 alors que celles d‘A. ostenfeldii sont obtenues à une température de 16°C pour une salinité de 35 psu en utilisant le milieu L1. Le contenu en gymnodimine dans les cellules de K. selliformis augmente en fonction de l‘âge de la culture alors que le contenu en spirolide diminue au cours de la croissance cellulaire d‘A. ostenfeldii plus particulièrement lors de la culture en photobioréacteur de 100 l. Dans un deuxième temps, des études expérimentales portant sur l‘interaction des micro -algues toxiques avec les mollusques ont permis d‘apporter des connaissances nouvelles sur le devenir des imines cycliques après contamination et lors de la détoxification. Il a ainsi été mis en évidence i) une accumulation majoritaire des GYMs et des SPXs au niveau des glandes digestives des palourdes et des huîtres ii) une accélération des cinétiques de détoxification lors de l‘ajout de l‘alimentation. Dans un troisième temps, les essais portant sur la contamination de C. gigas par A. ostenfeldii ont permis de déterminer i) une altération des diverticules digestifs consistant en une réduction de l‘épaisseur de la paroi épithéliale et en une augmentation de la surface de la lumière des diverticules digestifs ii) une réaction inflammatoire dans la glande digestive de certains individus contaminés se caractérisant par une agglutination massive d‘hémocytes autour de différents organes de la glande digestive: l‘estomac, l‘intestin ainsi que les conduits et tubules digestifs. Dans le cas des contaminations naturelles et expérimentales des palourdes les analyses histologiques réalisées n'ont pas permis de mettre en évidence des signes d'altération de la glande digestive comme dans le cas des les huîtres contaminées par A. ostenfeldii.
    • Etude comparative du développement des larves de poissons élevées en conditions intensives et semi-extensives : Ontogénèse et performances zootechniques

      Zouiten El Abed, D. (Universite de Monastir, Institut Superieur de Biotechnologie de Monastir, 2012)
      Le développement de l’aquaculture repose avant tout sur l’approvisionnement en specimens à élever mais pour la majorité des espèces, le recrutement naturel est insuffisant pour constituer une base d’élevages à grandes échelles. La production aquacole tunisienne est essentiellement piscicole et l’élevage extensif dans les barrages y contribue de façon importante. L'élevage des larves de poissons constitue une étape incontournable pour la production d’alevins destinés à la pisciculture et aux efforts de repeuplement des lacs de barrages et lagunes côtières tunisiennes. Dans cette thèse, des élevages larvaires expérimentaux en mésocosme ainsi que des études comparatives entre les larves élevées avec les techniques intensives et semi-extensives ont été réalisés. La technique d’élevage semi-extensive en mésocosme est considérée comme l’une des techniques d’avenir pour la production d’alevins dans de petites exploitations ou dans le cadre de programme de développement. Elle est réputée pour offrir des conditions d’élevage favorables qui permettent une croissance particulièrement rapide des larves, notamment en condition semi-extensive avec l’utilisation d’aliments larvaires comme compléments trophiques. Néanmoins, peu de travaux ont été réalisés pour évaluer les différences de croissance et de développement entre des larves élevées de façon intensive et semi-extensive. Le principal objectif du présent travail est de réaliser une étude comparative entre les larves élevées avec les techniques intensives et semi-extensives, en utilisant le loup (Dicentrarchus labrax) comme espèce modèle. Une seconde espèce sur laquelle sont concentrés des efforts de recherche pour la diversification de l’aquaculture nationale, à savoir le mulet (Chelon labrosus), a aussi fait l’objet d’expériences. Ceci afin de contribuer à approfondir les connaissances biologiques concernant les stades larvaires de cette espèce et permettre d’établir un protocole simple pour la production d’alevins. Pour ces études, la morphogenèse et la croissance (croissances linéaire et pondérales) ainsi que l’ontogenèse de deux systèmes fonctionnels (le système digestif ainsi que le système immunitaire) ont été pris en considération afin d’évaluer les performances des deux techniques d’élevages étudiées. L’étude comparative des différents paramètres physiologiques des larves en élevage intensif et semiextensif, nous a permis de mettre clairement en évidence de meilleures performances de croissance et une maturation digestive plus précoce en conditions semi-extensive. Ceci est confirmé par l’étude des paramètres physiologiques des deux espèces de poissons, le Loup Dicentrarchus labrax et le Mulet Chelon labrosus. Cela indique clairement la présence de conditions plus favorables pour le développement des larves en élevage semi extensif. De même, l’étude de l’ostéogenèse aboutit à des conclusions similaires en faveur des conditions semi extensives, avec une moindre présence de malformations osseuses. Cependant pour l’étude du système immunitaire aucune différence significative n’est détectée entre les larves élevées en mésocosme et celles élevées en intensif. La technique d’élevage en mésocosme, permettrait une économie substantielle en termes de consommation de proies vivantes sans alterer les performances de croissance et de développement. De plus, le contexte géoclimatique tunisien convient pour l’élevage des larves de loup et du mulet en mésocosme. Ces observations se limitent aux aspects biologiques. Les choix stratégiques restent tributaires des contraintes technico-économiques spécifiques des projets (objectifs de production, capacités d’investissement, conditions géographiques, …).
    • La squille <Squilla mantis> des eaux tunisiennes : eco-biologie, pêche et opportunités de valorisation

      Mili, Sami (2013)
      La squille Squilla mantis (L., 1758) est un Stomapode très abondant le long des côtes tunisiennes. Cette ressource benthique est considérée comme rejet et elle n’est pas exploitée en Tunisie par défaut de tradition de consommation. La haute valeur commerciale de la squille sur les marchés internationaux incite à viser la pêche de cette espèce en vue de l’exporter. Ce travail représente la première base de données se rapportant à l’éco-biologie et aux qualités biochimiques de la squille S. mantis des eaux tunisiennes. Il a pour objectifs la connaissance des aspects relatifs à la biologie de la squille, notamment sa distribution, sa reproduction, sa croissance, ainsi que les opportunités d’exploitation de cette ressource. Dans cette étude, on a analysé les campagnes de pêche des squilles dans les trois golfes de la Tunisie ainsi que l’effet des facteurs environnementaux et spatiotemporels sur l’abondance de cette espèce. Le suivi des indices d’abondance de cette ressource a montré que les captures de cette espèce sont très influencées par l’effet de l’heure de la journée, du mois, de la saison, de la profondeur, de la luminosité, du cycle lunaire et de l’état de la mer. La répartition bathymétrique des squilles des eaux tunisiennes se situe entre 6 et 60 m. Les meilleurs rendements sont obtenus la nuit en présence de lune et surtout en mauvais temps. La cartographie des indices d’abondance de la squille dans les golfes de Tunis, de Hammamet et de Gabès a montré que ce dernier présente le stock le plus important en S. mantis par rapport aux deux autres golfes. L’étude de la biologie de reproduction a montré que la sex-ratio est en faveur des mâles qui dominent quelque soit la période et la zone de pêche. En Tunisie, S. mantis atteint sa maturation pour la première fois à une taille moyenne de 145,64 ; 150,63 et 155,25 mm respectivement pour les squilles du golfe de Tunis, du golfe de Hammamet et du golfe de Gabès en se basant sur le critère de l’état de développement des glandes cémentaires. L’étude histologique a montré que le cycle sexuel de cette espèce est décomposé en trois phases : la maturation de décembre à avril ; la ponte d’avril à août ; la récupération et repos sexuel entre septembre et novembre. C’est une espèce qui appartient aux espèces à ponte unique dont la fécondité de la femelle croît proportionnellement moins vite que le cube de la longueur totale. La fonction mathématique de Von Bertalanffy a permis de montrer que dans les trois golfes de la Tunisie, la croissance des femelles est inférieure à celle des mâles. Le taux de croissance est supérieur pour les squilles du golfe de Gabès par rapport à celui du golfe de Hammamet et du golfe de Tunis. La population totale est composée de 3 classes de taille (1 classe par an) avec une durée de vie maximale estimée à 3 ans. La taille moyenne et la croissance relative des mâles et des femelles des squilles sont similaires. Cependant, il existe une différence significative entre les caractéristiques morphométriques des squilles des trois régions étudiées, ce qui permet de déduire qu’il y a probablement 3 populations différentes. L’étude biochimique a dévoilé qu’il y a une variation spatiotemporelle des taux des lipides totaux et des acides gras entre les gonades et la chair de la squille qui pourrait être attribuée au cycle de vie de cette espèce. La chair des squilles des golfes de Hammamet et de Tunis a été caractérisée par des taux de lipides élevées à la fin de la saison hivernale et au début de la saison printanière. Le régime alimentaire de la squille qui est composé essentiellement de crustacés et de petits poissons s’est révélé comme le principal facteur ayant une influence sur sa composition biochimique. S. mantis des eaux tunisiennes est riche principalement en protéines, en Acides Aminés et en acides gras polyinsaturés de type n-3 qui sont très bénéfiques pour la santé humaine. Ces résultats permettent d’orienter le consommateur vers l’utilisation de ces crustacés au moment où les profils lipidiques sont les plus favorable
    • Etude de la structure génétique des populations de la tortue marine Caretta caretta dans les eaux tunisiennes.

      Said, Kh.; Chaieb, O. (Institut Supérieur de Biotechnologie, Monastir (Tunise), 2013)
      La tortue marine, la caouanne (Caretta caretta), est une espèce en danger d’extinction. Elle est caractérisée par un cycle biologique complexe se basant sur une série de transitions écologiques et géographiques nécessitant des migrations sur de longues distances. En Tunisie, plusieurs études ont été réalisées sur les activités de nidification et les interactions avec les activités de pêche, mais, aucune n’a porté sur l’étude génétique de cette espèce. Dans ce travail, nous nous sommes intéressés à l’analyse génétique de la population nidifiante en Tunisie et des populations des tortues se développant dans les zones néritiques tunisiennes. La population nidifiante a été appréhendée par l’analyse des nouveau-nés échantillonnés durant une période de sept ans sur le principal site de ponte des îles Kuriat (Monastir). Deux approches ont été utilisées : une approche allozymique et une autre moléculaire. Douze systèmes enzymatiques codés par 17 loci ont été analysés parmi lesquels sept se sont révélés polymorphes. D’autre part, l’analyse d’un fragment de 380 pb de la région de contrôle de l’ADN mitochondrial n’a révélé qu’un seul haplotype CC-A2. Le très faible niveau de variabilité génétique enregistré chez cette population par les deux approches, ajouté à sa faible taille, pourraient être les conséquences d’un récent phénomène de dérive génétique consécutive fort probablement, à un goulot d’étranglement. En effet, la pression anthropique exercée depuis quelques dizaines d’années aurait causé une érosion génétique de la population nidifiante des caouannes sur les îles Kuriat. L’étude allozymique a permis, également, de montrer que 50% des nouveau-nés proviennent de la fécondation par aux moins deux mâles. Ce comportement de la paternité multiple jouerait un rôle important dans la diversité génétique de la population nidifiante et dans la pérennité de l’espèce. Par ailleurs, une analyse moléculaire du même fragment de l’ADNmt a été réalisée sur 175 tortues juvéniles et adultes, échouées et capturées accidentellement, durant une période de 6 ans (2004 – 2009). Ces tortues ont été échantillonnées sur tout le littoral tunisien. Sept haplotypes mitochondriaux ont été trouvés et la diversité génétique la plus élevée a été enregistrée chez la population des tortues se développant dans les côtes nord tunisiennes (CNT). Une différence génétique a été enregistrée entre cette population et celle du golfe de Gabès (GGAB), alors qu’aucune différence n’a été trouvée entre ces deux populations et celle du golfe de Hammamet (GHAM). L’analyse des stocks mixtes (ASM) a montré une contribution élevée des tortues d’origine atlantique dans le CNT qui diminue progressivement en allant vers le sud, alors que les proportions des tortues d’origine méditerranéenne étaient plus élevées dans le GGAB et diminuaient dans le sens opposé. L’hydrodynamique et la géomorphologie des milieux seraient les principaux facteurs déterminant la distribution des tortues des deux origines différentes, atlantique et méditerranéenne et le pattern de la variabilité génétique conséquente. En conclusion, cette étude a permis d’une part, de constater un faible niveau de diversité génétique ce qui témoigne de la vulnérabilité de la population nidifiante des caouannes sur les îles Kuriat. D’autre part, nous avons montré que les zones de développement néritiques tunisiennes sont fréquentées par des tortues aussi bien d’origine méditerranéenne qu’atlantique. Les fréquences relatives de ces tortues varient d’une région à une autre et semblent être déterminées principalement par des facteurs abiotiques. Les résultats de la présente étude sont d’un apport considérable pour la compréhension des particularités biologiques et écologiques de cette espèce et devraient être pris en considération dans les futures stratégies de conservation.
    • Etude faunistique et écologique des annelides polychètes de la côte Nord-Est de la Tunisie (Peninsule du Cap Bon, Mediterranée Ouest)

      Zaabi-Sendi, Sana (2013)
      The polychaetes communities structure and functioning of the Cap Bon peninsula (Northeast coast of Tunisia), were analyzed from 52 stations from Sidi Daoud to Menzel Horr. The faunistic study reveals the presence of 238 polychaetes species among which 86 records are newly reported for the Tunisian coasts. The total number of polychaetes listed in Tunisia rises to 375 species. The polychaete community structure at the sites was examined by multivariate methods. five main polychaetes communities were identified in the study area, the sandy sediment community (SS), the muddy sediments community (SV), the coarse sediment community (SG), the fine-muddy sediment community (SFV) and the Heterogeneous sediments community (HS). These communities are distributed mainly according to the particle size sediment and the Sampling depth. The SS community characterized by the dominance of Eunice vittata and the SG community dominated by Aponuphis fauveli showed the greatest number of species and diversity. Aponuphis fauveli, Eunice vittata and Protodorvillea kefersteini were the dominant species in the area. The particle size sediment and the sampling depth are also the main factors that govern the seasonal distribution of the polychaete communities in the Sidi Daoud-Ras Lahmer zone. Monitoring reveals that summer and winter seasons showed the highest values of density and diversity. The Cap Bon peninsula as a coastal zone is exposed to increasing anthropogenic activities, such as urban and industrial discharges and terrigenous several wadis. Polychaetes which react differently to this situation constitute an effective biological tool to detect signs of environmental degradation. Ecological groups and the AMBI index (Azti Marine Biotic Index) were used with biodiversity indices in order to evaluate the ecological quality of the Cap Bon peninsula. The general status of the study area is generally satisfactory and slightly polluted, except the inner part of the Sidi Daoud bay (station D and E) where we recorded an extremely polluted status. The first estimate of the genetic diversity populations of Hyalinoecia tubicola and Aponuphis bilineata based on the RAPD data analysis showed that these two species seem to be genetically similar.
    • Analyse de la variabilité spatio-temporelle des populations phytoplanctoniques observées dans le réseau national de surveillance du phytoplancton dans le golfe de Gabés

      Feki-Sahnoun, W. (2013)
      Le long des côtes du golfe de Gabès, les données collectées dans le cadre du Réseau de Surveillance du Phytoplancton et des Phycotoxines (REPHY), constituent une base pertinente pour examiner la structure et la dynamique des communautés phytoplanctoniques à grandes échelles temporelle (1997-2007) et géographique (l’ensemble de littoral du golfe). S’appuyant sur les données du REPHY, l’objectif de cette étude était de décrire les principales formes de variabilité des communautés phytoplanctoniques observées sur nos côtes. Les schémas de la variabilité des populations phytoplanctoniques ont été examinés à différentes échelles temporelles et géographiques à l’aide de méthodes statistiques multivariées. Dans un premier temps, l’analyse de la dynamique des populations phytoplanctoniques a mis en évidence deux composantes, intra et inter-annuelle qui ont permis d’identifier le schéma de variabilité temporelle des populations phytoplanctoniques commun à l’ensemble des sites d’échantillonnage, et en particulier de décrire le cycle saisonnier des populations les plus fréquemment observées sur noscôtes. La composante saisonnière est marquée d’une succession classique des populations: passage des communautés dominées par les diatomées en hiver/printemps vers des communautés dominées par les dinoflagellés en été/automne. Les résultats ont aussi révélé le développement anormal d’une population microalgal nuisible. Ensuite, le retrait de cette composante commune a mis en évidence les particularités des différents sites, spécificités d'après lesquelles trois zones géographiques dissemblables ont été distinguées. Enfin, les analyses ont mis en évidence l’importance des facteurs hydrométéorologiques sur la structuration et la dynamique des communautés phytoplanctoniques. On s’est intéressé à l’étude des efflorescences du phytoplancton nuisible dans le golfe de Gabès en se focalisant particulièrement sur l’occurrence des « blooms » du dinoflagellé toxique, Karenia selliformis. Des analyses statistiques uni et multivariées (analyse de variance, corrélation de Spearman, analyse en redondance, modèle linéaire généralisé à effet mixte et réseaux bayésiens) qui ont été appliquées pour (1) explorer la dynamique spatiale et temporelle des « HABs » en relation avec des conditions hydrométéorologiques et (2) prédire les probabilités d’occurrence des « blooms » de K. selliformis dans les différentes zones du golf.Ce qui nous a permis de définir les paramètres jouant un rôle important dans l’apparition des « blooms » de K. selliformistels que la température et les nitrates et les facteurs hydrométéorologiques (comme les pluies, les marées,…). De plus, les zones à forte salinité (42 psu) et à colonne d’eau calme (en mortes eaux) sont le siège de fortes pullulations de K selliformis (> 105 cellules l-1): c’était le cas de la lagune de Boughrara.
    • Etude de la reproduction et de la croissance d'Hexaplex truculus (Linnaeus, 1758) de la lagune de Bizerte, première approche de son exploitation et de l'état de son stock

      Haous-Gharsallah, Inès (Université de Carthage. Institut National Agronomique de Tunisie - INAT, 2013)
      En Tunisie, Hexaplex trunculus est rencontrée sur la majorité des côtes. La lagune de Bizerte est considérée la seule étendue géographique où sa pêche, est ciblée moyennant les « Maltams », régulière et ancienne remontant aux années 50. Elle alimente principalement le marché central de Tunis. Depuis l’année 1997, une diminution progressive de sa production est constatée. Afin d’étudier le stock de cette espèce dans la lagune de Bizerte et d’établir les recommandations essentielles d’une exploitation rationnelle et durable de cette ressource, on a estimé les paramètres biologiques de la reproduction et de la croissance indispensables à cet égard. La sex-ratio est en faveur des femelles presque toute l’année. Elles dominent aussi dans les classes de grandes tailles. La taille à la première maturité sexuelle est de 50,47 mm de Lt pour les femelles et de l’ordre de 41,03 mm de Lt pour les mâles. Le cycle sexuel a été étudié par le suivi de l’évolution des pourcentages des stades de maturité macroscopiques des gonades, l’indice gonado-somatique et les pourcentages des composants biochimiques des gonades et de la chair. Une échelle ovocytaire détaillée a été établie, pour la première fois, pour cette espèce. Elle a contribué à mieux décrire l’échelle de maturité microscopique. L’étude de la reproduction a permis de constater que l’espèce possède une activité gamétogénique étendue notamment chez les mâles qui sont matures durant tout le cycle. L’émission des gamètes se fait en deux lots pour les deux sexes. La ponte principale est détectée entre les mois de mars et de mai et une ponte secondaire, moins importante, a lieu durant la période octobre-novembre. La croissance relative a été étudiée en considérant le rapport de la morphométrie avec la saison et le sexe. Elle a permis de déterminer les paramètres de la relation taille – poids: b=3,1085 et a= 7x10-5. Ces valeurs ont été utilisées dans l’équation de la croissance pondérale de Von Bertalanffy et dans l’analyse du stock par pseudo-cohorte par le logiciel VIT. L’étude de la croissance absolue a été effectuée par la lecture directe des marques de croissance sur l’opercule, par les taux d’accroissement grâce aux opérations de marquage-recapture et par l’analyse modale des fréquences de tailles. Les croissances linéaire et pondérale ont été déterminées selon le modèle de Von Bertalanffy et les paramètres retenus de l’équation sont ceux estimés par les fréquences des tailles : L∞ est de l’ordre de 81,70 mm, t0 est de l’ordre de -0,04 ans et K est de l’ordre de 0,37/ an. L’analyse des pseudo-cohortes a permis la description du schéma d’exploitation de l’espèce dans la lagune de Bizerte. Les captures représentent 39,87% de la biomasse moyenne du stock et l’effort de pêche optimal (FMSY) pour un rendement maximal soutenu, comparé à l’effort de pêche actuel, n’est pas encore atteint. Mais, il est préférable de maintenir ce dernier car son augmentation pour atteindre FMSY ne permettra pas un gain intéressant en rendement de pêche il est très important pour les décideurs de la réglementation de la pêche de considérer la période de ponte et la taille à la première maturité pour définir la taille minimale de la capture ainsi que la période de repos biologique pour cette espèce.